• MADERE - Quinta do Lorde

    FUNCHAL (Capitale de l'archipel de Madère) Les bidochons en vadrouille

    Question : comment passer son temps inutilement en bateau quand on est à terre.

    Réponse : en le perdant

    Nous vous contons une aventure inutile mais que beaucoup peuvent avoir et que personne sur les pontons ne connaissait.

    Comme nous avions quelques heures à la marina nous décidons de faire un inventaire du matériel de sécurité (indispensable et obligatoire pour des bateaux de grande croisière. Ainsi donc nous déballons tout le bazar et nous constatons l’absence du coffret de fusés de détresse complet. Nous l’avions au départ de Lisbonne, il n’est donc pas bien loin. Nous vidons le bateau dans les moindres recoins pour nous rendre à l’évidence : elles ont disparu !!! Ca chauffe dans l’équipage, mais cela ne sert pas à grand-chose.

    Finalement devant l’absence de ce coffret  et son indispensable présence à bord pour la sécurité, mais aussi la conformité auprès des autorités maritimes, nous irons dans l’après midi acheter un nouveau kit complet au shipchandler de Funchal (32 KM) avec la voiture que nous avons louée.

    MADERE - Quinta do Lorde

    Oh les belles fusées toutes neuves

    A notre montre trois heures tapant nous attendons l’ouverture de la boutique avec notre liste. Mais surprise le marchand ne peut nous fournir, il a du stock bien sur, mais il nous faut une autorisation de la police. En effet depuis cinq ans et des accidents sur les stades de foot ou des débiles utilisent ces fusées à tirs tendus, faisant des blessés et même un mort, ces engins sont maintenant considérés au Portugal comme explosifs. Ce n’est pas compliqué, nous explique t il : il suffit de faire une déclaration de perte à la police et de récupérer l’autorisation.

    Nous voici donc au poste de police central de Funchal ; Et la l’enfer commence :

    -          Vous êtes français il faut il vous faut un interprète : allez au consulat

    -          Direction le consulat : le secrétariat nous explique qu’ils ne peuvent faire de traduction. Les traducteurs assermentés sont à l’ambassade à Lisbonne donc

    -          Retour au ship pour essayer une négociation détournant la loi. Refus catégorique, mais il nous conseille la police maritime qui nous aidera plus que la police

    -          Pas de chance il est 17 h et les bureaux sont fermés. Annie s’énerve et avec énergie force la porte. Miracle ! elle a tapé dans l’œil d’un officier qui était à la marina la veille (ils ont repêché un corps  d’un noyé) Il parle un français impeccable et nous explique qu’il suffit de passer au consulat faire une déclaration sur papier libre et la faire traduire par la secrétaire.

    -          Retour au consulat et nouvelle explication. Incompréhension de la secrétaire qui téléphone aux autorités du port. Nous sommes elle et nous dans une impasse. Il est 18 h elle décide de contacter le consul de France sur l’ile. Nouvelles explications avec  retour à la case départ, Le consul s’étonne de cette situation et nous propose de nous accompagner à la police maritime le lendemain (avec nos papiers et les papiers du bateau). On va finir par comprendre dit-il. Annie s’enthousiasme , non que les choses avancent mais que le consul soit très beau (c’est un fait et je suis d’accord sur le sujet)

     Le lendemain, dès proton minet, nous sommes à 9h45 à notre rendez vous avec le consul de France devant les bureaux centraux de la police maritime. Nous attendons ensemble un agent pour notre déclaration sous caution du consul. Tout va bien :

    -          Déclaration conforme avec signature et tampon, nous en avons terminé nous dit le consul

    -          Que nenni nous explique l’officier maritime : il faut maintenant passer à la capitainerie du port pour définir le nombre de fusées que nous sommes autorisés à acheter compte tenu de la catégorie de navigation du bateau

    -          Le consul nous accompagne (cela ira plus vite) Erreur ! il prendra un numéro comme tous et nous ferons la queue comme tous

    -          Notre tour venu nous refaisons une nouvelle déclaration (merci au consul qui est encore la et est toujours très beau)

    -          12 euros plus loin il est 11h45 et le secrétariat de la capitainerie explique que maintenant nous devons aller au service des détentions d’armes au bureau central de la police nationale ; Le consul doit nous quitter il a déjà décalé un rendez vous à 11h. grosse déception d’Annie,  mais il est vraiment sympathique notre consul.

    -          12h !! Panique les bureaux vont être fermés !! course pour arriver devant le bon bureau. Le planton nous accompagne (nous sommes de vieilles connaissances depuis deux jours que nous allons et venons sous son nez.

    -          Notre liasse de déclarations et autorisations trouve enfin preneur. La préposée remplit donc un formulaire de détention d’explosifs. Le formulaire digne de notre administration, avec nom du père, de la mère, date de naissance etc.  et communauté européenne oblige le tout en langue locale

    -           12 euros plus tard nous voici au bout de notre parcours et attendons le fameux sésame. Il nous passe et repasse devant, sans pouvoir le saisir. Enfin la jeune femme au guichet appelle un officier (grande discussion que notre pratique du portugais ne nous permet pas de saisir).

    -          Le verdict tombe : il faut revenir après 15 h car le commandant n’est plus la et ne  revient qu’à cette heure. Les bras nous tombent et nous décidons un retour vers la marina (nous avons quelques menues obligations que nous profiterons pour faire.

    -          15 h30 nous sommes devant la détentrice de nos liasses fruit de deux jours d’effort. Stupeur ! effroi !!  ventrebleu !!! notre dossier est égaré !!!! Panique et colère d’Annie.

    -          Notre dossier enfin réapparait mais n’est pas complet. Il faut rédiger l’autorisation que le commandant doit signer. Les heures tournent et les bureaux ferment à 16 heures. Ca commence à suffire.

    -          Enfin le Sézanne arrive avec tous les tampons et signature.

    -          A 17 heures nous détenons nos fusées. Avec candeur nous racontons notre périple administratif et discutons de cette vraie galère avec le patron de la boutique. Il nous confirme que cela est très compliqué si on ne détient pas les anciennes fusées !! Ah bon il fallait des périmées ? il nous aurait donc suffit de faire le tour des pontons pour une collecte. Car évidement tout le monde en a des vieilles ! sauf nous dont la barque est trop récente

     

    Remarques : tous ont été d’une gentillesse et d’une courtoisie rares devant les deux énervés que nous fument par moment devant le dédale du parcours. Une mention spéciale au consulat car nous avons été reçu hors de heures d’ouverture au public et au delà par le secrétariat.

    En conclusion : N’égarez pas vos fusées et gardez les périmées. Ou bien changez les avant le Portugal (et l’Espagne ou il semble que la législation soit aussi contraignante) 

    Derniéres  nouvelles = les fusées sont réapparues au fond de la soute et nous vous montrons la preuve. Inutile de dire que notre aventure fait beaucoup rire.

    MADERE - Quinta do Lorde

    Ah! les belles fusées anciennes qui s'etaient cachées les coquines

      

      

      


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  • Commentaires

    1
    Marc Magder
    Jeudi 20 Octobre 2011 à 06:30

    Pouvu qu'ils ne s'aperçoivent pas que vous en avez deux fois plus qu'autorisé !

    Vivement les pays moins civilisés...

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